Dieppe : Renault ressuscite Alpine

C'est officiel. Carlos Tavares, numéro 2 de Renault, a annoncé vendredi aux cadres du groupe que la célèbre griffe sportive serait bel et bien relancée.

Publié le 24/09/2012 à 22:55 par mariadasilva

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Les cadres du groupe Renault s’attendaient à tout sauf à cela, vendredi après-midi, lorsqu’ils ont participé à l’open forum que donnait Carlos Tavares, directeur général délégué de Renault, à leur seule intention. Le forum en question s’est déroulé en présence de salariés et était destiné aux cadres du groupe via intranet. Après son intervention, Carlos Tavares a répondu à quelques questions. Il s’est laissé alors aller à la confidence en officialisant auprès de ses salariés, avec un plaisir non dissimulé, le retour de la marque Alpine.
Trouver¬
un partenaire
Au printemps dernier, juste avant le Grand-Prix automobile de Monaco, Carlos Tavares – qui est un passionné de voitures sportives – avait évoqué un potentiel retour de la marque dieppoise avant de présenter le concept-car Alpine 110-50 : « La décision de relancer la marque Alpine sera prise avant la fin de l’année avec un objectif de commercialisation d’ici trois à cinq ans. Il y a au moins 50 % de chances que ça se fasse, avec un seul modèle pour commencer », précisait-il encore voici quatre mois.
Comme Carlos Tavares voulait clairement doter le groupe Renault d’une marque de voitures de sport, il notait que « ça ne pouvait être qu’Alpine. Nous ne voulons pas d’un timing trop serré parce que nous voulons laisser le temps à nos équipes de concepteurs d’exprimer leur talent et leur passion. Lorsque je me suis arrêté sur la ligne d’arrivée en descendant du concept-car Alpine 110-50, j’ai senti la passion et l’attente. C’était palpable. Maintenant, je ne veux pas me faire piéger par ma propre passion et prendre une décision émotionnelle. Nous voulons éviter que six mois après avoir relancé la marque, elle soit dans une situation financière insupportable ».
Les semaines ont passé depuis ses déclarations du 26 mai dernier et Carlos Tavares a pris le temps de réfléchir et de consulter les équipes dédiées au projet. Il lui fallait également trouver un partenaire afin de profiter d’une expérience pour minorer les coûts de conception puis de fabrication. Dans une interview donnée le 18 septembre dernier au site internet de La Tribune, Carlos Tavares rappelait qu’une « décision serait prise avant la fin de l’année » et qu’il était en « avance par rapport au calendrier. Nous sommes sur la bonne trajectoire. Le véhicule ferait l’objet d’un partenariat pour réduire le ticket d’entrée et il serait produit en 2015-2016 ».
Vendredi après-midi, face à ses cadres, Carlos Tavares a délaissé volontairement le conditionnel et employé le présent. Un cadre qui écoutait son patron n’en a pas cru ses oreilles : « Cet open forum était axé sur le bilan de Renault durant le premier semestre 2012 et les perspectives de fin d’année. Personne ne pensait qu’il évoquerait le cas Alpine. Il a certainement voulu donner la primeur de l’information à ses cadres ».
« Le retour d’Alpine, c’est fait »
Donc, en conclusion du forum, lors du petit jeu des questions-réponses avec ses cadres, le numéro 2 de Renault a été interrogé sur le sujet Alpine et il a lâché l’info avec délectation : « Il a débuté son intervention en nous faisant comprendre qu’il attendait cette question avec impatience. Il nous a dit qu’il n’y a plus aucun doute possible : le retour d’Alpine, c’est fait, résume le salarié encore sous le choc de l’annonce. Il a poursuivi en précisant que les négociations ont abouti avec un partenaire – dont il n’a pas dévoilé le nom – et qu’un contrat a même été signé par les deux parties. Il semble que l’information pourrait être officialisée très rapidement, dans quelques jours ».
La marque Alpine va donc retrouver le devant de la scène, un rôle qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Le mythe est de retour… à Dieppe ? Toute la question est là, désormais, sur le plan local.

Plus d’informations dans les Informations dieppoises de mardi 25 septembre.

Un partenaire nommé Caterham Cars…
Selon nos informations, Renault aurait choisi la firme britannique Caterham Cars comme partenaire. Il semble donc que Renault Sport va travailler en étroite collaboration avec Caterham Cars pour concevoir la future Alpine. Cette saison, l’équipe de Formule 1 « Team Lotus » a pris le nom de « Caterham F1 Team » et elle roule avec des motorisations… Renault.
Fondée en 1959 par Graham Nearn, Caterham Cars est devenue le distributeur de Lotus tout en se focalisant sur la Seven – une voiture sportive adaptée à un usage routier – dès les années 1960. La marque est notamment connue pour la Super Seven de Lotus, un cabriolet deux places qui a fait les beaux jours de la série télévisée « Le Prisonnier ». C’est donc un spécialiste des voitures sportives que Renault a retenu pour réussir son pari de relancer l’Alpine. Le contrat de partenariat est signé, a expliqué Carlos Tavares à ses cadres en fin de semaine.

A quoi ressemblera la nouvelle Alpine ?

Selon les confidences déjà faites par Jean-Pascal Dauce, directeur de la compétition chez Renault Sport, la nouvelle Alpine devrait davantage ressembler à la célèbre Berlinette A110 qu’au concept-car qui a roulé au printemps sur le circuit de Monaco. Le futur petit monstre devrait avoir entre 200 et 250 chevaux sous le capot, mesurer moins de 4,30 mètres et peser entre 1 200 et 1 300 kilogrammes.
« Vingt à trente personnes travaillent déjà à plein-temps sur ce projet », expliquait Jean-Pascal Dauce fin juin. Aussi, « une vraie Alpine doit ressembler à la Berlinette A110, ajoutait Laurens Van Den Acker, patron du design chez Renault. La Mini et la Fiat 500 sont deux beaux exemples de réussite » du style néo-rétro.
Les dirigeants de Renault espèrent une production d’environ 5 000 Alpine par an. Côté prix, l’objectif cible est qu’il soit compris entre 35 000 et 40 000 euros, soit beaucoup moins cher qu’une Porsche Boxster.

Où sera produite l’Alpine ? Dieppe tient la corde

Directeur de la compétition chez Renault Sport, Jean-Pascal Dauce n’a pas caché sa préférence quant à la localisation de la production de la future Alpine : en plein cœur de l’été, il confiait en effet que « l’idéal, ce serait que la fabrication ait lieu dans l’usine historique de Dieppe ». Le site dieppois emploie actuellement 330 personnes et pourrait donc tirer profit de la nouvelle Alpine.
Fin août, le président du conseil régional de Haute-Normandie, Alain Le Vern, écrivait une lettre (co-signée par la députée Sandrine Hurel et le président de l’agglomération Dieppe-Maritime Patrick Boulier) à Carlos Ghosn, PDG de Renault. Le courrier insistait notamment sur le fait que « le renouveau d’Alpine ne peut être que lié au site historique de Dieppe » d’autant que « l’agglomération Dieppe-Maritime a fait l’acquisition de terrains qui jouxtent l’entreprise (NDLR : l’ancien stade Maurice-Thoumyre) et qui permettraient à Renault d’étendre son activité ». Et les trois élus signataires d’ajouter que « l’Agglomération comme la Région sont des collectivités à même de soutenir ce type de projet ».
Il ne fait aucun doute que les élus locaux vont se mobiliser dès à présent pour conforter les dirigeants de Renault dans leur idée de produire la future Alpine à Dieppe. Cela semble être de toute façon l’option retenue par la marque au losange. Le patron de Renault Sport Technologies Patrice Ratti et son homologue de chez Caterham ne se sont certainement pas déplacés récemment sur l’usine dieppoise pour y effectuer du tourisme…


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